Portrait

« La corde nous donne une liberté de mouvement »

Le 14/06/2023
par CMA 52
Depuis deux ans, Vincent Fouligny s’est spécialisé en tant que cordiste dans son activité de maçonnerie-couverture. Les bâtiments de plusieurs mètres et les toits pentus n’ont pas de secret pour lui : rencontre avec un artisan qui prend de la hauteur, mais toujours en sécurité.
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Cela peut s’apparenter à de l’alpinisme, mais en pleine ville : Vincent Fouligny a le cœur bien accroché pour monter sur le toit d’un immeuble de sept étages, d’environ 30 mètres, pour restaurer les corniches. Avec, comme seule sécurité, une corde.

Et pourtant, c’est son quotidien ! Au sein de son entreprise VF accès difficiles, basée à Neuilly-sur-Suize, l’artisan répare les tuyaux des immeubles, fait des reprises de maçonnerie sur les balcons, réfectionne les toitures, entretient les cheminées…

« C’est souvent moins cher de faire intervenir un cordiste que d’installer un échafaudage, souligne Vinent Fouligny. Mais notre pratique est très encadrée : il faut toujours pouvoir justifier l’utilisation de la corde, qui est, forcément, plus à risque. Même si nous travaillons en toute sécurité. »

Et Vincent Fouligny ne lésine pas avec la sécurité : « C’est notre responsabilité. Je ne me vois plus, aujourd’hui, travailler sans ligne de vie. Concernant les cordes, nous avons toujours au moins quatre points d’ancrage pour deux cordes, celle de travail et celle de sécurité. Ça fait partie de notre métier. »

Travailler la tête à l’envers

Accéder à des endroits où personne ne peut aller : voilà ce qui plaît à Vincent dans l’exercice de son métier. « En plus, la corde nous donne une liberté de mouvement qui est appréciable. On peut, par exemple, travailler la tête à l’envers, ce qui est parfois pratique », s’amuse-t-il.

Pour un passionné d’escalade, la spécialisation cordiste était naturelle. Aujourd’hui, 50 % de l’activité de Vincent est en rapport avec des interventions à la corde. L’artisan emploie un collaborateur et espère pouvoir développer son entreprise dans les années à venir.

« J’aimerais aussi accueillir des apprentis pour transmettre mon savoir-faire et ma passion et les initier à la corde, car ce n’est pas une spécialisation à laquelle on pense forcément. »

Et à 35 ans, il envisage l’avenir avec philosophie : « Le jour où je ne pourrai plus monter sur corde, je déléguerai cette activité à mon équipe. Ma préoccupation restera de satisfaire mes clients, en toute sécurité et en leur apportant un service de qualité. »

Devenir cordiste

Les formations cordiste CQP cordiste (CQP 1) et CQP technicien cordiste (CQP 2) sont qualifiantes. Les prérequis sont les suivants : avoir plus de 18 ans, être en bonne condition physique et ne pas avoir de contre-indications médicales aux travaux en hauteur.

À l’issue de la formation, les stagiaires sont capables de :

  • Maîtriser les techniques d’accès et au poste de travail sur cordes en hauteur ;
  • Evoluer en hauteur sur cordes et équiper les postes de travail ;
  • Evacuer, secourir une personne suspendue en difficulté ;
  • Monter et descendre une charge (< 100 kg). Le CQP permet de travailler comme cordiste en France et de s’orienter dans des domaines tels que le bâtiment, l’industrie, les travaux publics ou le spectacle.

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